25.01.2008
Nos mille et une nuits avec Oum Kalsoum
Post-scriptum. Fin août 2007 - bref retour au Caire
Un soir d’été, les mauvais néons des échoppes brillent dans la nuit, puits de lumière dans une ville par bonheur encore mal éclairée. La circulation s’est apaisée. Dans une petite rue des garçons de café en chemise maculée de sueur portent les plateaux de thé et font la navette d’un trottoir à l’autre. Ils s’affairent autour des tablées de fumeurs de chicha et de joueurs de dominos.
Quelque part la musique sourd d'un transistor, réglé sur Radio Le Caire, qui a sûrement changé de nom. C’est jeudi soir. Oum Kalsoum se produisait en direct chaque premier jeudi du mois ; on se réunissait autour du poste en famille, chez les voisins; on se ruait dans les cafés pour l’écouter; à Alger ou à Bagdad, aussi, on cherchait la bonne fréquence. Aujourd’hui encore, mais de manière certes plus marginale, la rituel subsiste. Ah le jeudi soir! la fin de la semaine, son atmosphère électrique, ses odeurs de haschich d'arrière boutique : dans ces rues populeuses de la Gamaleya même les jeunes semblent abjurer exceptionnellement les starlettes de la pop libanaise, les Nancy Ajram, les Haifa Wahbe qui s’étalent sur les écrans plasmas des restaurants branchés des riches à Zamalek ou Mohandessine. Dans les cafés baladi de la Gamaleya, au fond des épiceries, dans les taxis conduits par des chauffeurs sans âge, partout s'élève la voix de «el sett - la dame», la «quatrième pyramide», «la mère des Arabes», la diva du monde arabe, que les plus anciens écoutent religieusement.
Ce soir, on rediffuse pour la millième fois un de ses plus beaux morceaux, « Alf leila wa leila », Les mille et une nuits: la longue introduction musicale, les percussions ondulantes, le tambourin, la clarinette, relayée par l’accordéon et un tapis de violons saturés juste ce qu’il faut. La mélodie s’arrête après cinq minutes, comme une erreur au milieu de l’ascension musicale, et on reprend au début, ce sont de faux faux départs, ponctués par les exclamations du public, ses encouragements, ses applaudissements. Le fond sonore du concert c'est son ravissement, son impatience ; il gronde.
On imagine les messieurs moustachus en costumes trois-pièces et les volutes de Cleopatra qui s’élèvent au-dessus de leurs têtes vers le plafond orné du théâtre. Les dames aux chignons serrés ne portent pas de voile. Le premier rang est occupé par les officiels de la République socialiste, venus rendre hommage à celle qu’ils ont promue icône du nationalisme arabe. Des années plus tard on se fichera pas mal de la politique et de Nasser; la fierté de l’Egypte c’est d’avoir su chanter l’amour et ses tourments avec autant d’émotion et de sérieux.
L’enregistrement date de la fin des années 60 sans doute, et pour les consoler de la terrible défaite arabe, la chanteuse leur offre des récitals aux allures de messe, des rendez-vous sacrés, la frénésie et la sensualité en plus. J’imagine surtout la diva et sa drôle de coiffure un peu sévère, assise sur la scène devant ses musiciens, à trois mètres du grand micro. Elle attend et se fait attendre, cachée derrière ses lunettes noires incrustées de diamants. Bientôt elle va se lever, se placer derrière le micro, attendre que les instruments ralentissent pour lui faire honneur. « Ya habiiiibi », elle attaque la chanson de sa voix grave et puissante. Elle l'étirera sur plus de trois quarts d'heure - c’est l’une des plus courtes. Elle reprend le refrain avec des variations toujours plus passionnées. Chaque prouesse, chaque brisure vocale, est saluée bruyamment par le public ensorcelé. Elle pousse les aigus progressivement, au rythme d’un poème cyclique et tendu, elle fait éclater les trémolos, provoquant une vague de plaisir dans l’assistance bouleversée. Elle les emmène vers le «tarab» cette extase esthétique, révélée d'habitude par les chanteurs soufis. Ce culte-ci est profane, mais tout aussi exalté. On les entend siffler de bonheur, ils battent des mains, ils lui crient merci Ya madam. Ils ont sûrement les larmes aux yeux.

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16.04.2007
ma3 salama masr! (bye bye Egypt)
Voilà, l'hiver s'achève, les policiers du Caire vont bientôt troquer leur uniforme noir contre le blanc estival, c'est l'heure de retrouver l'Europe. Le Caire me manque déjà physiquement, je suis devenu accro aux klaxons, aux bouffées de gasoil, à la musique saturée, aux vendeurs à la criée, à l'appel à la prière de 5h, au jus d'orange frais à chaque coin de rue, aux falafels dégustés en pleine nuit, aux fêtes qui finissent tôt le matin au bord du Nil, au charme et à l'insolence des Egyptiens. Ma3 salama ya baladi!
23:45 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
L'oasis fragile
L’oasis perdue, la décrit-on. Il est vrai que Siwa se trouve à 10 heures de route du Caire et que l’endroit est encore relativement ignoré de l’industrie du tourisme. Pour l’instant, on peut parfois se promener à vélo dans la palmeraie sans croiser personne, les paysans sont encore curieux de voir des étrangers. On croise ces femmes totalement recouvertes, que leurs petits garçons baladent en charrette. On imagine que dans quelques années, des touristes exigeront de se baigner en bikini dans les nombreuses sources d’eau chaude qui jaillissent dans la palmeraie ou au creux des dunes de sable.
Déjà, Siwa se « dahabise », le moindre enfant parle anglais, les boutiques d’artisanat plus ou moins local pullulent, les cafés à déco bédouine où l’ on paie tout plus cher font le bonheur des routards. L’aéroport en construction risque de perturber encore davantage le mode de vie de cet endroit si unique en Egypte. D'ailleurs, si j'étais égoïste, après avoir vu ce paradis terrestre et craint ce qu’il risque de devenir, je vous conseillerai: n’y allez pas !

Le temple de l'Oracle, où Alexandre a appris qu'il était le fils de Dieu. Une archéologue grecque prétend qu'il est enterré quelque part à Siwa.





Siwa est encadrée par des lacs salés. Mais l'extension des terres cultivables a eu pour effet désatreux de saliniser les terres. Encore plus que le tourisme, c'est une menace existentielle pour l'oasis.
23:07 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26.03.2007
Campagne référendaire à l'égyptienne: interdiction de dire non
Les Egyptiens se prononcent aujourd’hui par référendum sur les amendements constitutionnels proposés par Moubarak. Les dictateurs poussent le vice jusqu’à faire approuver par le peuple les mesures qui entraveront un peu plus sa liberté. Dans les "propositions" figure notamment l’interdiction des partis à base religieuse, une façon de museler les Frères musulmans, principale force d’opposition. Moubarak s’offre aussi un pouvoir discrétionnaire de dissolution du parlement, une extension des pouvoirs de surveillance des communications privées et une limitation du contrôle judiciaire des élections.
Hier, je n’ai jamais vu autant de policiers au centre-ville alors qu’une manifestation était annoncée. Le déploiement était impressionnant place Tahrir, où il y avait en moyenne un policier tous les cinq mètres, faisant la chasse aux promeneurs du dimanche. Sur un trottoir, alignés sur des chaises, des gradés se faisaient servir du thé et regardaient l'opération de répression se dérouler, tels des généraux lors d'une bataille. On n'arrivait pas à compter le nombre de policiers en civils, et les renforts de baltagueyya, ces hommes de main payés par le parti au pouvoir pour frapper les opposants au besoin, qui étaient postés en grappes à chaque coin de rue donnant sur la place. Qu'a du penser le touriste qui sortait à ce moment-là du Musée égyptien?r />
Les manifestants qui tentaient de gagner Tahrir étaient repérés puis refoulés ou carrément arrêtés. Plusieurs groupes de manifestants ont été encerclés et selon des bloggeurs, (www.sandmonkey.org), des gens ont été battus et des filles harcelées sexuellement. Un rassemblement a ensuite eu lieu loin des regards devant le syndicat des journalistes, encerclés par quatre ou cinq cordons de policiers. Les slogans anti-Moubarak étaient si entraînants que j’ai vu quelques soldats, sans doute débarqués de leur village de Haute Egypte et ravis d’assister à une sorte de spectacle, répéter du bout des lèvres et mécaniquement les chants, pourtant peu amènes à l’égard du raïs.
Pendant ce temps, toujours selon le site sandmonkey.org, la police a poursuivi des manifestants isolés jusque dans les locaux du parti d’opposition Ghad, tabassant les gens présents et molestant les femmes. Le parti Ghad se trouve juste au-dessus du Club Grec, restaurant bien connu de la place Talaat Harb. Pendant que les gens du Ghad hurlaient au secours, les clients du Club Grec se voyaient interdits de terminer leur repas avant la fin du raid.
Le plus bizarre était de voir qu’au milieu de cette étrange ambiance de rue, avec des dizaines camions de policiers postés le long de Talaat Harb et sur Tahrir, la vie continuait, les magasins étaient ouverts, des vendeurs tentaient de nous refourguer des packs Louxor-Assouan alors que des flics en civil nous incitaient à partir. C’est donc en pleine ville à l’heure de pointe et sous le regard mou des passants que des Egyptiens étaient traînés de force dans les véhicules des forces de sécurité vers on ne sait où. Cette indifférence, ou plutôt ce fatalisme, se traduit dans le taux de participation au scrutin, qui se situait, à Alexandrie, deux heures après l’ouverture du bureau de vote, autour de 1,5%...

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25.03.2007
Waël Abbas, bloggeur-activiste à plein temps
Après le procès de Karim Amer, dont la condamnation à quatre ans de prison a été confirmée, les bloggeurs se disent inquiets et se sentent ciblés par le pouvoir. Lors d’une manifestation du mouvement pro-démocratie Kefaya (Assez) en centre-ville la semaine dernière, le journaliste-bloggeur Waël Abbas a été arrêté avant d’être relâché quelques jours plus tard, de même que plusieurs dizaines de manifestants. Je l'avais rencontré quelques jours auparavant. Son site www.misrdigital.com est une des références pour tous ceux qui suivent le combat pour les libertés en Egypte (en arabe uniquement).
- Quelle était ton intention de départ en lançant ce blog en 2004 ?
Lorsque le mouvement Kefaya est né, on a assisté à des choses jamais vues en Egypte. Pour la première fois des gens manifestaient dans la rue, chantant des chansons et des slogans anti-Moubarak. Ils étaient encerclés par des milliers de policiers. La presse a totalement occulté l’événement. Je me suis dit, ce n’est pas possible, les Egyptiens ont le droit de savoir ce qu’il se passe dans leur pays. Je filmais, je prenais des photos, et il fallait diffuser ce matériel. J’étais impressionné par le courage de ces gens et je voulais les aider en faisant connaître leur action. Mon blog et quelques autres ont longtemps été les seules sources disponibles sur ce qu’il se passait. Mon but est de dire : regardez, il y a des gens qui osent protester, vous aussi vous pouvez le faire. J’aimerai contribuer à faire bouger les choses dans ce pays. Pour toucher le maximum de gens, j’écris en arabe dialectal.
- Comment les autorités réagissent-elles contre les bloggeurs ?
Evidemment, la "state security" (police politique) sait qui je suis. J’ai eu droit aux problèmes habituels lors des manifestations : bousculades, coups, injures, menaces, etc. Je prépare chaque fois des mensonges pour le cas où je suis arrêté. Mais les bloggeurs n’étaient gêné que lorsqu’ils étaient sur le terrain. La police ne prenait pas vraiment au sérieux notre action sur internet, ils pensaient qu’on était des nerds qui surfaient dans leur coin.
Puis lorsqu’on a sorti des affaires sur le harcèlement sexuel dans les rues du Caire, ou les vidéos sur la torture dans les commissariats, les choses ont changé. On est devenu une véritable gêne. La presse écrite indépendante a repris nos informations, et on a touché beaucoup de monde dans la population; je suis régulièrement interviewé sur Al-Jazira. Le procès de Karim Amer, qui était un inconnu total, « le maillon faible » en quelque sorte, a été un message adressé aux bloggeurs.
- Te sens-tu menacé ?
Les attaques deviennent plus vicieuses. Ils essaient de me discréditer. Ils répandent des rumeurs sur ma vie privée sur d’autres blogs, ou en postant des réponses en ligne, ils prétendent que je suis homosexuel, que je suis payé par des pays étrangers. Ils essaient de m’assassiner moralement. La presse pro-gouvernementale nous calomnie. Un éditorialiste de l’ Al-Ahram a même écrit que mon reportage photo sur le harcèlement sexuel était le reflet de mes propres fantasmes.
Ensuite, ils m’ont téléphoné avec des numéros masqués m’incitant à coopérer. Sinon ils menaçaient de provoquer un scandale contre ma famille. Ils ont donné des détails sur mon quotidien, ma voiture, mes proches, etc. Ils ont même téléphoné à ma mère. J’ai dit que j’allais y réfléchir et que je leur donnerai une réponse. Puis, j’ai publié sur mon blog le détail des pressions que j’avais subies.
Sinon, j’ai été informé par des avocats, qu’un mandat a été dressé contre moi, qui contient sept accusations qui vont de blocage de la circulation à insulte envers l’Etat. Mais ils doivent me prendre sur le fait. Or je n’ai rien de fait de tout ça, je n’ai jamais chanté aucun slogan. Tous ce que je fais, c’est tenir une caméra.
- Comment les vidéos sur la torture te sont-elles parvenues ?
La première que j’ai publié, c’était lors d’un reportage à Imbaba. Des gens connaissaient mon blog m’ont approché et m’ont demandé si je pouvais publier un document. C’était une vidéo de torture prise avec un téléphone mobile. La victime était Ehab Magdy Farouk, 19 ans. Je l’ai mise en ligne. Sur le moment, cela n’a pas eu d’impact. Mais quelques mois après un journaliste de Masri el Yom a repris l’info et a enquêté sur l’histoire. Un des policiers impliqués a été arrêté et condamné à un an de prison.
- Ton blog affecte-il ta vie sociale ?
C’est vrai que j’ai une vie sociale un peu réduite. Beaucoup de gens pensent qu’il est dangereux de fréquenter un militant. Professionnellement, certains médias étrangers ont refusé ou cessé de collaborer avec moi parce que je suis dans le collimateur des autorités. Au début, j’ai caché ce que je faisais à ma famille. Ils l’ont appris par un article de presse. Ils étaient stupéfaits et ne voulaient pas le croire. Ils l’ont très mal pris au début et m’ont demandé d’arrêter. Mais maintenant ils sont convaincus par ce que je fais.
Propos recueillis par Alexandre Habay

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23.03.2007
Le toit des pauvres transformé en galerie d'art éphémère
Le photographe suisse Michael von Graffenried devait présenter son travail Inside Cairo dans une galerie d’art contemporain; il l’a finalement installée sur le toit de son immeuble.
L’artiste présentait huit formats panoramiques géants ( 300 x 125 cm) représentant scènes de la vie quotidienne. Rien de délibérément subversif. Mais voilà: en Egypte, la vie quotidienne constitue souvent un scandale en soi. Le pouvoir dormirait mieux si les journalistes et les artistes se contentaient de photographier les pyramides et le sphinx.
La galerie qui devait accueillir le travail a annulé l’événement et après avoir trouvé – avec du mal – un labo qui acceptait de réaliser les tirages, Michael von Graffenried a créé un espace artistique sur le toit de son immeuble, le temps d'un après-midi, au centre-ville. Ceux qui ont lu ou vu L’Immeuble Yacoubian savent qu’au dessus des riches vivent leurs pauvres, souvent des exilés de Haute-Egypte en quête d’un travail dans la capitale et logés dans des cabanes rudimentaires. Une installation artistique dans un bidonville – certes avec vue imprenable sur le Caire – a quelque chose d’incongru, peut-être, mais on peut aussi trouver logique de montrer un travail sur le réel populaire dans un milieu populaire plutôt que dans une galerie d’art. Sans vouloir faire de démagogie.
Voir www.mvgphoto.com
Photos: Michael von Graffenried



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12.03.2007
Petite pause
Entre Beyrouth et Damas. Back soon.
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07.03.2007
By night
Le Caire ne dort jamais parce qu'elle se fait toute belle. La nuit, le manteau qui enveloppe les immeubles de son monotone gris poussiéreux disparaît. Les puits de lumière jaillissent des gratte-ciels, des minarets verts fluos, des épiceries et des cafés ouverts toute la nuit. Les plus belles images qui me resteront du Caire sont éclairées par ce merveilleux néon blafard que l’on trouve partout. La nuit a aussi sa musique lorsque le bourdonnement continu du trafic s’est apaisé. Dans les nuits au Caire comme je m’en souviendrai, il y aura forcément ce mauvais son des transistors qui flotte dans l’air. Je ne pourrai écouter les complaintes d’Oum Kalsoum qu’avec le grésillement qui lui sied.
La nuit les gens ont le temps. On peut aller chez le coiffeur à Boulaq Abou-Eila, améliorer son arabe avec un kiosquier sur Gamat el dowal, offrir une cigarette à un soldat débarqué du Saïd et planté à un carrefour de Zamalek, finir la nuit par un restau koshary près de la Mosquée Kit-Kat à Imbaba, un peu avant cinq heures, où les noceurs couche-tard croiseront les fidèles lève-tôt.
Alexandre Habay

Corniche El-Nil, devant le Nile Hilton, 21:23

Corniche El-Nil, depuis le pont du 15 mai, 18:17

Nile City Building, vu depuis la rue Montaza (Zamalek), 01:55

Entrée du pont Qasr el-Nil, 00:26

Depuis le pont Az-Zamalek, 01:27

Coiffeur à Boulaq Abou-Eila, 18:44

Kiosque à Boulaq Abou-Eila, 18:47

Rue al-Tawfiqiya, centre-ville, 21:01

Epicerie, rue du 26 juillet, Boulaq Abou-Eila. 18:49

Mosquée, rue Bahgat Ali, Zamalek, 01:52
22:10 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
24.02.2007
Oui ? Non ? Peut-être ? Incha’allah !
Lu dans la rubrique humour du CROC, miniguide sur les sorties au Caire. Tellement vrai, j’ai eu la même conversation avec le réparateur du chauffe-eau il y a quelques jours!
One of the most versatile words in the Arabic language (and also usefull to newcomers) that no longer has much to do with religion, and caters specifically for the lazy conversationalist. Here’s a guide on how to use it to answer any and every question.
When the word means “yes”
- Hello, is this Ahmed?
- Insha’allah (monotone)
- Humm, you either are or aren’t Ahmed (exasperated)
- Insha’allah (monotone)
- It’s a yes or no question!
- Yes, this is Ahmed insha’allah (annoyed monotone)
When the word means “maybe, but don’t put your money on it”
- I’d like that report ready by 9 am Tuesday morning. Can you do it?
- Insha’allah (with zeal)
- Can you or can’t you?
- Insha’allah (with even more zeal, in an I-can’t-believe-you-don’t-trust-me-voice)
- It’s a yes or no question!
- Yes, insha’allah (annoyed monotone)
When the word means “not on your life”
- You just HAVE to come and see our new house on the Cairo-Ismailia road
- Of course, I would love to, insh’allah soon! (said with uncontestable certainty)
Now imagine the literal translation in, say, England
- Hello, is this Ahmed?
- God willing
- Freak (followed by dial tone)
Or
- I’d like that report ready by 9 am Tuesday morning. Can you do it?
- God willing
- Excuse me?
- God willing
- You’re fired.
20:30 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20.02.2007
Procès du blogueur Abdel Karim: 4 ans de prison
jeudi 22.02.07
DERNIERE MINUTE Quatre ans de prison pour Abdel Karim Soliman, 22 ans, pour des opinions exprimées sur son blog. Trois pour injure contre l'islam et une pour injure au président de la République!
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Photo PJM
Abdel Karim est un blogueur de 22 ans d’Alexandrie et aussi un ennemi national. Il est poursuivi pour « diffusion d’informations susceptibles de troubler l’ordre public et de ternir la réputation du pays, incitation à la haine de l’islam et diffamation à l’égard du président de la République ». Il risque neuf ans de prison.
Sur son site (http://karam903.blogspot.com) il avait notamment parlé des violences contre les coptes à Alexandrie, en octobre 2005, critiquant sévèrement l’islam. Expulsé de l’Université d’Al-Azhar puis poursuivi en justice, il a eu droit à véritable procès en sorcellerie. Son père vient de faire les gros titres du quotidien Masri Al-Yom en le déshéritant publiquement et en témoignant au procès contre son propre fils. Il demande que la charia lui soit appliquée (soit la mort, si le blasphémateur ne renie pas ses propos au bout de trois jours). Le gentil papa était accompagné de ses quatre autres fils qui avaient pour l’occasion « appris le coran par cœur ».
Ce procès intervient alors que les blogs égyptiens connaissent une montée en puissance. Certains sont parvenus à dévoiler au grand jour des cas de tortures, vidéos à l’appui, qui a abouti à l’arrestation de policiers. Dans un pays où les médias sont plus ou moins mis au pas, les blogs sont un véritable danger pour le régime. Ce procès est une excellente intimidation pour toute la blogosphère égyptienne.
www.freekareem.org
01:01 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.02.2007
Cinéphilie
Les Egyptiens adorent aller au cinéma. Sur Talaat Harb, les jours fériés, les voitures doivent se frayer un chemin dans la foule compacte de jeunes qui occupent la rue, devant les cinémas Metro et Karim, venus pour les sorties programmées spécialement les jours d’Aïd. Cerné derrière son petit guichet, le vendeur de billets du Metro s'énerve, et à l'aide d'un bâton, se met à cogner la masse humaine qui se presse devant l’entrée !
Sinon, assister à un film en Egypte peu facilement conduire le cinéphile européen moyen à la crise de nerfs. Moi qui ne supporte déjà pas les crunch des pop-corns (surtout quand le goinfre arrive à la fin de son festin et qu’il faut gratter au fond du carton), j’ai dû revoir très généreusement ma marge de tolérance face à toutes les nuisances extra-filmiques possibles et imaginables. Une fois n’est pas coutume, citons le Guide du Routard : « Le spectacle est davantage dans la salle que sur l’écran ».
Bon public, les spectateurs manifestent leurs émotions à voix haute, sifflent, rigolent, protestent et commentent allègrement le film, et pourquoi pas au téléphone. Celui de mon voisin de derrière a dû sonner une bonne dizaine de fois, un extrait de pop orientale, qu’il interrompait lui même en raccrochant. Mais, me demande-je, dans ce cas, pourquoi n’utilise-t-il pas l’option « silencieux » ?! A plusieurs reprises, quand la bobine part en vrille, on a droit à un demi-écran ou à des acteurs sans tête : la salle se rebelle et interpelle le projectionniste jusqu’au rétablissement de l’image.
Le plus indiscipliné commence à fumer jusqu’à ce que le placeur vienne braquer sa torche à la recherche du cancre, qui fait semblant de rien et la rallume sitôt après… Le manège se répète trois, quatre fois !
Lorsque l'intrigue devient vaguement sensuelle, on sent la fibre cinéphile renaître et la concentration revenir dans l'assistance. Mais à peine les acteurs se frôlent-ils, voilà que l’image saute bizarrement, et qu’on se replonge dans une bonne scène d’action (et c’est n’est ni la faute de la bobine ni d’un montage raté mais bien de celle du Ministère de la censure – ça doit s’appeler sans doute Ministère de la Culture, mais ça revient à peu près au même).
Lors du festival international du film du Caire, en décembre dernier, les ciseaux de la morale n’étaient toutefois pas intervenus. J’étais allé voir au hasard un film philippin (je crois) d’un ennui total et j’imaginais celui, plus terrible encore, qui devait saisir la salle, pleine d’hommes uniquement, dont je suppose que la plupart ne pouvaient pas lire les sous-titres en anglais… Eh bien oui, ils étaient là dans l’espoir d’apercevoir un peu de chair ! D’ailleurs, après les scènes d’amour, beaucoup se sont levés : ils avaient vu l’essentiel. Et franchement, le cinéma philippin…
Les Egyptiens de la haute société méprisent ces salles au ticket bon marché, souvent belles et anciennes mais hélas mal entretenues et mal famées, et préfèrent les multiplexes des malls, au public mixte et familial. Même si techniquement le film y est projeté dans de meilleures conditions, ça ne fait pas taire les sonneries intempestives et les bébés qui pleurent. Oui, des bébés à Blood diamond, à la séance d’une heure du matin !
Alexandre Habay
22:50 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
11.02.2007
La Saddamania continue de faire des ravages
Un débat sur Al-Jazeera, à ne pas manquer!
Cliquez ici
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06.02.2007
Au Caire aussi, parfois, il pleut
Il n’est censé pleuvoir que quelques jours par an au Caire, non? J’ai l’impression que le quota est largement atteint. La pluie reste quand même un événement ici et handicape un peu plus le fonctionnement de la ville, déjà passablement chaotique. Comme tout se vend dans la rue - habits, journaux, nourriture -, lorsqu’une ondée arrose la ville, les commerçants rentrent leurs étalages en catastrophe, bâchent le reste. Les ménagères mettent à l’abri le linge ornant les façades, menacé par cette pluie lourde de poussière (ou de pollution ?). Les trottoirs deviennent carrément casse-gueules : l’eau mélangée à la couche habituelle de crasse produit une espèce de fine boue, très glissante. Les rigoles se transforment marres pour quelques jours. Dans les quartiers où la rue n’est pas goudronnée, voitures, touk-touks et piétons ont toutes les peines à se frayer un chemin entre les cratères inondés.
C’est aussi le cauchemar pour les chauffeurs de taxi dont les vieilles guimbardes ne sont qu’exceptionnellement équipées d’essuie-glaces en état de marche. Hier soir, j’avais mal au cœur pour mon chauffeur qui, le nez écrasé contre le pare-brise et le corps à moitié trempé, s’escrimait à tenir le volant d’une main, tout en raclant la vitre de l’autre, le bras tendu à travers la fenêtre.
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29.01.2007
Mes voisins colons
HEBRON, Cisjordanie, 23 janvier 2007
Avec ses vielles pierres et ses exemples d’architecture mamelouke, Hébron pourrait être une ville agréable, pleine de charme biblique. Hélas, elle ressemble davantage à un mini-apartheid, à une poudrière qu’une haine palpable et réciproque menace de faire exploser à chaque instant.
Une fois traversé le marché arabe, le visiteur prend le chemin du Caveau des Patriarches, soit les tombeaux d’Abraham et aussi de Sarah, d’Isaac et de Rebecca; bref la moitié de l'Ancien Testament semble être enterrée par ici, ce qui en fait un lieu très saint et très disputé.
Tout à coup, au milieu d’une ruelle, les portes métalliques des commerces sont toutes fermées. Au-delà d’une frontière invisible, c’est opération ville-morte. Sur des centaines de mètres, on ne croise pratiquement plus âme qui vive, sinon quelques vieillards en keffieh poursuivant placidement leur route au mépris du danger qui se trouve au-dessus de leur tête. Le ciel est grillagé. Une protection a été dressée entre les maisons pour retenir les pierres, bouteilles et sacs d’ordures que les colons israéliens, qui occupent les étages surplombant la rue, balancent chaque matin sur les rares passants. Un vendeur de jeans, qui occupe la dernière boutique avant ce sinistre no-man's land, me montre sa maison. « Ca fait des années que je n’ai pas ouvert les volets de ce côté. Sinon je me prends une volée de cailloux… », sourit-il tristement.
Jusqu’au caveau des Patriarches, c’est un parcours d’obstacles made in occupation, sans doute destiné à contenir les mouvements d'une foule tentée de rendre les coups. Barbelés, tourniquets, barrières, grillages, miradors, sacs de sable, blocs de béton ou de plastique, et puis finalement checks-points avec détecteurs, retourniquet, double sas de sécurité, questions des soldats sur ma religion, couloir sécurisé, contrôle d’identité, me voilà déjà dans la mosquée Ibrahim, dans laquelle un colon avait vidé son chargeur, tuant 29 fidèles musulmans en 1994.
Une cloison intérieure divise l’édifice. On entend des prières en hébreu de l’autre côté. On évite de parler trop fort de peur de déclencher une guerre de religion.
Dehors du côté synagogue, l'endroit est bien aménagé, de pimpantes boutiques de souvenirs et des restaurants attendent les visiteurs. Lorsqu’un car israélien débarque ses passagers, les boutiquiers palestiniens qui se trouvent devant le lieu saint, doivent fermer pour des raisons de sécurité (mais on se demande qui il s'agit de protéger…).
Je voulais voir la maison des Abou Aïsha dans le quartier de Tel Rumeida. Je n’ai pas pu parce que cette famille palestinienne est l’une des dernières à vivre dans l’enclave juive, qui s’est constituée aux fil des années, par la force, au cœur de la vieille ville. La famille Abou Aïsha habite dans une « maison-cage », surnommée ainsi en raison du grillage qui les protège des attaques de leurs voisins. Comme tous ceux qui habitent à proximité des colons d’Hébron, ces gens vivent un enfer : jets de pierre, insultes, menaces. Obligés d’attendre que leurs voisins sortent de chez eux pour oser partir travailler, ils risquent de recevoir des seaux d’eau glacée dans la figure dès qu’ils mettent le nez dehors. Cette histoire, les médias israéliens en ont parlé récemment après qu’une TV eut diffusé un reportage sur leur calvaire. Yossef Lapid, ex-ministre et président du Mémorial de la Shoah de Yad Vashem, a provoqué une polémique en comparant les « barbares d’Hébron » aux persécuteurs antisémites qui le tourmentaient en Europe dans les années 30. Lorsqu’il était enfant, il se faisait harceler sur le chemin de l’école, a-t-il témoigné, faisant le parallèle avec les écoliers palestiniens d’Hébron qui doivent se faire escorter par des volontaires internationaux pour éviter d’être agressés.
A l’approche de l’enclave, on franchit encore un palier supplémentaire dans la tension ambiante. Un jeune soldat en faction me demande où je crois aller comme ça, si je suis juif, ce genre de choses, tout en ordonnant aux gosses palestiniens à vélo de ne pas s'aventurer plus loin. Un gamin veut aller chez lui ; d’un geste de la main, le soldat le laisse passer. Le militaire, qui paraît incroyablement jeune, discute dans son talkie et j’attends. « Il s’est passé quelque chose aujourd’hui, c’est tendu», me dit-il. Un peu plus, un peu moins…
Finalement, je reçois l’autorisation de marcher jusqu’au deuxième check-point, j’ai déjà fait cent mètres, en même pas vingt minutes. Là, je suis hélé par deux autres soldats et une sorte de hippie religieux à l'accent américain qui leur joue des airs à la guitare. Ce dernier, plutôt sympathique, me confirme qu’il « s’est passé quelque chose ». Malgré tout, j’explore quelques minutes le quartier des colons, qui n’apparaît guère plus animé. Tout est laid à mourir de surcroît et je me demande quel plaisir on peut avoir à vivre ici au milieu de Palestiniens, logiquement mécontents d’avoir été expulsés mètre après mètre, hors de cette fameuse zone. Je ne sais pas si les colons vont vraiment trouver Dieu dans les parages, moi je n’ai pas trouvé la maison des Abou Aïsha ne sachant pas vraiment d'ailleurs où elle se trouve. Je me vois mal sonner aux portes pour demander mon chemin. Il est temps d’interrompre la visite de H1, pour revenir à H2, sous souveraineté palestinienne. Sur le retour, je croise un autre groupe de soldats postés à une ixième barrière, papotant avec deux jeunes Palestiniens. Je me demande bien de quoi peuvent parler un occupant et un occupé, qui s’ennuient sans doute autant qu’ils se détestent. Le soldat israélien m’apostrophe : «Tu vas chez les Palestiniens, dans cette direction… c’est dangereux, il y a des étrangers qui se font enlever. On se fait tirer tous les jours dessus par les terroristes ». « Mais de l’autre côté, c’est encore plus effrayant. Et eux par exemple, ils ont l’air sympa », dis-je en montrant les deux jeunes. « C’est vrai, tous les Palestiniens ne sont pas des terroristes ». Le jeune homme qui n’était donc pas terroriste mais vendeur de cartes postales me fait un grand sourire, reconnaissant en moi le client du jour. Welcome to Hébron.




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26.01.2007
De retour d'Israël-Palestine
T-shirts
Dans la Ville Sainte, pour aguicher les touristes dont ils ne connaissent pas forcément les origines et les opinions, les vendeurs de souvenirs ont choisi de faire plaisir à tout le monde... Avec pas mal d'humour.



(mea shearim est un quartier juif ultra-orthodoxe de Jérusalem plutôt hostile au tourisme)

17:52 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
16.01.2007
Lors des mariages chaabi, tout est permis!
Shoubra Al-Kheyma fait la fête. Après l’Aïd vient le temps des mariages. Un vendredi soir dans cette banlieue populeuse du nord du Caire, on dirait qu’une célébration a lieu tous les 50 mètres. Un mariage « chaabi » (du peuple) se fête dans la rue. Les tables sont dressées devant une scène encadrée par des rivières de lampions. Tout le quartier est dehors, quoique les femmes et les petites filles, regardent le plus souvent la party depuis les fenêtres d’où fusent les youyous.
Nous arrivons au milieu de la fête, deux étrangers. J’entends l’animateur de la soirée prononcer « khawaga » au milieu de son débit frénétique et improviser quelque chose sur nous. Des dizaines de paires d’yeux suivent les extra-terrestres fendant la foule. On nous a fait une place tout devant, au pied du podium. Dans un univers aussi hiérarchisé, je suis certain qu’on nous a fait un honneur.
J’adore ces fêtes : il faut que ça soit flashy, criard, excessif. Dans un pays où la pression du pouvoir politique d’un côté et celle des religieux de l’autre, semble étouffer toute fantaisie, les mariages ont su garder leur petit grain de folie. La sono saturée est à deux décibels de m’infliger des lésions irréversibles aux tympans. Un chanteur efféminé se casse la voix toute la nuit, ses percussionnistes sont au bord de la transe.
Ce soir tout est permis. Il y a même une danseuse du ventre à la coiffure monumentale, qui remue les hanches avec beaucoup moins de grâce toutefois que les messieurs qui l’entourent. Oui, une femme, qui à défaut de montrer vraiment son ventre, exhibe un peu de ses jambes, en pleine nuit, en pleine rue. Sous la pression intégriste, les danseuses orientales ont été confinées dans les hôtels de luxe ou dans les cabarets d’ixième qualité. Dans les mariages populaires toutefois, ces divas fond-de-teinturées à mort, triomphent toujours.
Oui donc, dans un mariage chaabi, tout est permis : dans l’assistance, rares sont les hommes, ados ou vieillards, qui ne tirent pas sur un joint ou ne soient occupés à rouler le suivant. On fume quasi en famille et ça ne choque personne. Herbe et haschich sont déposés en paquets sur les tables. Les bouteilles de Stella, la bière locale, s’amoncèlent, alors que d’habitude, consommer dans la rue peut faire tourner de l’œil le premier islamiste venu. Encore un paradoxe de la part d’un peuple prêt à se jeter dans les bras des Frères musulmans mais sans pour autant renoncer à ses petits pêchés traditionnels.
Alexandre Habay



01:36 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08.01.2007
La presse arabe pleurniche sur le sort de Saddam
L'immeuble du syndicat des journalistes égyptiens est devenu le point de rencontre des différentes composantes de l'opposition égyptienne. Un repaire de démocrates souvent cerné par des régiments de policiers casqués. Dans ce haut lieu de résistance politique on a pu assister à une pathétique cérémonie en l'honneur de Saddam Hussein. Depuis la pendaison, le premier jour de l'Aïd el kébir, la presse arabe ne décolère pas contre cet "assassinat", ce "sacrifice". Qualifié de "héros" et de "martyr", Saddam a été comparé durant la cérémonie à Saladin, à Saad Zagloul (nationaliste égyptien), et à d'autres héros de la nation arabe. "Il est de ceux qui se sont sacrifiés pour le bien et la liberté de la nation", ont même déclaré ces journalistes qui n'ont peur de rien.
Difficile de comprendre pourquoi, par antiaméricanisme programmé, sans doute, on en vient à célébrer un tyran psychopathe qui se prenait effectivement pour Saladin et qui a massacré des centaines de milliers de civils.
Cette honorable assistance était riche de la présence d'une star de variété, le sémillant Shaaban Abdul Raheem alias Shaabola, qui doit sa célèbrité à son fameux tube "Je hais Israël" et à ses costumes de gala. La vedette a même composé une chanson en souvenir du criminel contre l'humanité intitulée "Je n'ai pas de mots" (eh bien tais toi!).
Le crooner Shaabola.
01:35 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
05.01.2007
Les derniers jours du "village des pilleurs de tombes"
Dans la région de Louxor, le gouvernement va procéder au deuxième plus grand déplacement de population de l’histoire du pays pour mettre au jour des tombeaux pharaoniques enfouis sous la localité de Gourna. Reportage.
Les convois de cars de touristes passent en trombe à travers Gourna, ignorant ses masures en ruines et sa disparition programmée. Ce village flanqué sur la colline thébaine repose sur une nécropole datant de l’ère pharaonique. Au cœur de la rive ouest de Louxor, les archéologues espèrent découvrir de nouveaux tombeaux cachés. Le gouvernement a décidé de faire place nette pour permettre aux scientifiques d’explorer le terrain. Les 20 000 habitants doivent quitter leurs terres, ce qui constitue le plus grand déplacement de population en Egypte depuis l’édification du Haut-barrage d’Assouan et l’inondation de la Nubie en 1963.
Au fil des siècles, les villageois ont investi les tombes, puis ont construit dessus.
Au fond des maisons, des cavités vides depuis lontemps laissent présager d’autres trésors enfouis. Mais le système rudimentaire d’évacuation des eaux usées et les constructions anarchiques mettent en péril ce patrimoine encore secret. Le bras de fer entamé voilà des décennies entre ce village de « pilleurs de tombes » et le gouvernement, touche à sa fin. Les bulldozers ont commencé leur travail de démolition. Gourna offre le spectacle d’une cité dévastée. Quelques habitants semblent errer entre les ruines, d’ou émergent les pans de murs décorés par les dessins naïfs mentionnés dans les guides de voyage. Au bord de la route, quelques artisans attendent la halte des éventuels groupes de vacanciers.
Devant sa modeste boutique de bibelots en albâtre, Mohamed ignore ce qui va advenir de son commerce. Comme les autres villageois, le gouvernement lui propose des appartements dans des immeubles construits en plein désert, à 20 km plus au sud. Mais le jeune homme de 27 ans a refusé l’offre. « Je vis ici avec ma femme, mes deux enfants et trois frères en âge d’être mariés. Nous ne pouvons pas nous contenter d’un seul appartement » Dans une maison voisine, assis au coin d’un feu brûlant dans la grande pièce vide, Hassan Nour, refuse lui aussi d’échanger sa vaste maison pour des locatifs en béton. « Où croient-ils que je vais mettre mon bétail ? ». Les habitants de Gourna vivent dans la poussière, sans eau courante ni électricité. Mais de cette misère apparente, la famille Nour dit se satisfaire. Les logements modernes ne cadrent pas avec leur mode de vie, disent-ils. Les familles sont trop nombreuses, les volailles courent à travers les foyers, les villageois dorment dehors la moitié de l’année, lorsque les grandes chaleurs accablent la Haute-Egypte. Et ce n’est pas seulement le spectacle grandiose du temple d'Hatchepshout, que l’on admire depuis les chambres à l’étage, qui rive les Nour à leur bâtisse en torchis. C’est surtout la proximité des touristes que ces sites drainent. « Les enfants seront obligés de faire des kilomètres à pied pour vendre les souvenirs », maugrée Hassan.
Dans le village pourtant, les accents ne sont pas sont pas tous à la rancœur. Enveloppés dans leur chèche, deux vieillards sans âge semblent attendre qu’on vienne les chercher, qu’on les emmène loin d’ici. Leur maison n’a pas attendu le passage des pelleteuses pour ressembler à des ruines. « On aura de l’eau, une vraie cuisine, des toilettes », se réjouit l’un deux.
Mais un voisin, Sabri, 45 ans, qui travaille comme chauffeur, a des mots durs contre ceux « qui croient aux mensonges » du gouvernement. « Ce sont les plus pauvres et les plus ignorants qui ont accepté de déménager. Ils n’ont rien à perdre. Ils ne se rendent pas compte que tout le reste du village vit du tourisme. » A Gourna, un fossé sépare désormais ceux qui résistent aux pressions des autorités et la minorité qui a fait ses valises de bon cœurs ou qui n’attend que l’ordre de le faire. « Ils ont des pistons, car ils ont eu les meilleurs logements en échange », suggère-t-on.
Les villageois refusent de se considérer comme une gêne alors qu’ils se voient comme les gardiens des tombes pharaoniques, et les hôtes des visiteurs. Ne se sont-ils pas lancés par centaines, armés de gourdins, à la poursuite des terroristes qui venaient de massacrer 62 touristes – dont 36 suisses – presque sous leurs yeux en 1997 ? Sabri soupire : « On nous traite de pilleurs. Nos ancêtres l’étaient sans doute. Mais moi si j’étais un trafiquant d’antiquités, je serai millionnaire non ? Et vous croyez que je me battrai pour rester ici ? »
Alexandre Habay


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31.12.2006
HEUREUSE NOUVELLE ANNEE 2007 A TOUS
Ceci est une colombe blanche
(***symbole***)
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24.12.2006
Blagues qui circulent sur Moubarak
Moubarak décide de visiter une école. Les élèves sont invités à interroger leur raïs. Le petit Amir prend la parole :
"Monsieur le président, j’ai deux questions:
-Pourquoi est-ce que depuis 25 ans que vous êtes au pouvoir ce sont toujours les mêmes qui se remplissent les poches pendant que l’économie va de mal en pire ?
-Pourquoi est-ce que vous êtes chaque fois réélu avec presque 100% des voix ?"
Le président répond au jeune Amir :
- C’est une question très intéressant et je te remercie de me l’avoir posée. Mais c’est l’heure de la récréation, j’y répondrai après.
Après la pause, la séance de questions continue et c’est le jeune Mahmoud qui prend la parole : « Monsieur le président, j’ai quatre questions ! »
- Pourquoi est-ce que depuis 25 ans que vous êtes au pouvoir ce sont toujours les mêmes qui se remplissent les poches pendant que l’économie va de mal en pire ?
- Pourquoi est-ce que vous êtes réélu chaque fois avec presque 100% des voix ?
- Pourquoi est-ce que la cloche a sonné trente minutes avant l’heure habituelle ?
- Où est passé Amir ?
***
Un jour Moubarak rentre dans son bureau avec un puzzle sous le bras. Il dit à ses conseillers : « Ne me dérangez pas ». La journée passe, le lendemain pareil. Le troisième, le président fait annuler tous les rendez-vous de la semaine. A la fin de celle-ci, son entourage, inquiet, demande au raïs combien de temps il va continuer à s’isoler. Une semaine passe, puis un mois entier. Ses conseillers le pressent encore une fois de terminer son puzzle. Enfin, le président sort de son bureau et s’exclame : « Regardez, pourquoi est-ce que vous me pressez : c’est écrit de 3 à 5 ans sur la boîte et je l'ai terminé en un mois seulement ! »
***
A l'approche de la fête nationale Moubarak demande à son secrétaire de lui écrire un discours. « Mais d’une demi-heure seulement car après je me fatigue ». Le collaborateur du président s’exécute et lui remet les copies. Le jour venu, Moubarak se met à lire le discours, qui en fait se révèle être l’un des plus longs de sa carrière : 1h30 !
A la fin du discours, il descend de l'estrade et fonce, furieux, vers son secrétaire.
- Je t’avais demandé un texte d’une demi-heure seulement ! Que m’as-tu pondu là !
- Mais Monsieur le président, je vous ai remis le discours et deux copies…
***
Un jour, le général des armées décide d’attaquer Israël. Il réunit son état-major et ordonne la mobilisation de toutes les troupes égyptiennes.
« Massez nos soldats à la frontière, lance-t-il. Moi pendant ce temps je vais effectuer un tour de reconnaissance en hélicoptère. Lorsque le moment stratégique arrivera, je lancerai une plume depuis l’hélicoptère. Quand la plume touchera le sol, ce sera le signal pour lancer l’attaque ».
Les officiers acquiescent, le général monte dans son hélicoptère et survole la frontière israélo-égyptienne. Lorsqu’il sent que le moment est propice pour entre en guerre contre Israël, il jette sa plume et attend de voir l’armée égyptienne fondre sur l’ennemi. Mais au bout d’un bon moment, toujours rien ne se passe. Le général ne comprend pas : les troupes sont toujours stationnées au même endroit.
« Descend, je vais vois ce qu’il se passe », ordonne-t-il au pilote.
Lorsqu’il arrive à terre, quelle n’est pas sa surprise de voir l’armée égyptienne à quatre pattes, la bouche vers le ciel. « Pffou pffou… ».
(merci à Mona et Florence)

12:03 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

